Récolte 2011 : des rendements plutôt rassurants

récolte Le printemps 2011 hors norme, marqué par un déficit hydrique précoce, avait entraîné de sérieuses craintes pour les rendements. Les résultats de la récolte 2011 sont maintenant connus, notamment grâce à l'enquête conjointe CER France / Chambre d'agriculture à laquelle ont contribué plus de 400 agriculteurs aubois. Le constat est plutôt rassurant...

BLÉ : 77 quintaux

Photo de grains L'Aube est en retrait de 2 qx par rapport à 2010 et seulement 2 qx en dessous de la moyenne quinquennale. On observe de bons résultats en terres profondes (rendements à 3 chiffres) et en Champagne Humide. A l'inverse les terres superficielles du Barrois et du Pays d'Othe ont déçu, de même que les semis tardifs ou accidentés par un hiver assez rigoureux. Même la craie se révèle diverse selon la précocité du retour des pluies. Comme en 2010 les pluies, certes tardives, sauvent la moisson avec des récoltes très étalées de début juillet aux tous premiers jours d'août. Qualitativement, si le transfert de l'azote dans la protéine des grains est assez modeste, les PS sont préservés.

ESCOURGEON : 66 quintaux

Le rendement moyen Aube est très sensiblement en recul sur 2010 (-8 qx), et même 5 qx sous la moyenne quinquennale. Les Escourgeons se révèlent globalement « trop précoces » (défaut de fertilité, retour des pluies trop tardif) et certaines parcelles ont eu à souffrir de l'hiver ce qui se traduit par des peuplements épis limitants. A défaut d'agir sur le peuplement épi et le nombre de grain/m², les pluies permettent de soutenir le calibrage. La dérive haussière des protéines, prévisible avec le niveau de rendement, pénalise parfois la qualité.

ORGE DE PRINTEMPS : 55 quintaux

Avec 55 qx, la moyenne départementale subit un recul à deux chiffres (-13 qx) sur le rendement moyen 2010 et tout de même -10 qx sur la moyenne quinquennale. A l'exception de la Champagne Humide qui voit les rendements progresser, partout ailleurs, la défaillance du tallage ne peut être compensée par la fertilité ou le remplissage. Si les calibrages résistent, la qualité est dépréciée ponctuellement par la dérive de protéine associée aux faibles rendements. Enfin le retour des pluies initie une seconde montée de talles dans un certain nombre de parcelles et pose également des difficultés de récolte. Dans certaines situations, des prix bien orientés ne permettent pas de compenser ces déficits.

Colza COLZA : 36,5 quintaux

Le colza est la principale satisfaction de cette moisson. Le rendement départemental est en hausse sur celui de 2010 (+2 qx) tout comme sur la moyenne quinquennale (+3 qx). Ainsi les rendements sont globalement préservés en Pays d'Othe et Barrois. Les excellentes températures et le rayonnement au cours de la floraison dopent la fertilité. Le nombre de grain/silique assez exceptionnel, également soutenu par de très bons pmg permet d'accrocher pour certaines parcelles des rendements à plus de 50 qx ! Mais des problèmes de ravageurs comme le charançon demeurent, particulièrement à l'Ouest du département. Si l'on croise ce retour en grâce des rendements avec des prix historiquement hauts, le colza connaît des résultats économiques de référence, assez largement espérés pour effacer les déceptions des années antérieures !

POIS PRINTEMPS ou d'HIVER : 34 à 36 quintaux

Comme l'orge de printemps, le pois est l'autre grand accidenté de cette moisson avec un rendement moyen Aube en recul sur 2010 et sur la moyenne quinquennale (-8 qx). Les pois d'hiver subissent le handicap de leur précocité floraison et ne tirent pas bénéfice du retour des pluies fin mai : les 1eres récoltes exceptionnellement précoces début juin apportent des rendements inférieurs à ceux des pois de printemps (-2 à -3 qx en moyenne) sauf en sol profond. Ils offrent ponctuellement d'excellentes opportunités de culture dérobée fourragère voire de sarrasin, tournesol.

Les cours, amortisseurs des mauvais rendements

Graphique Cours Contrairement à 2010 où la canicule Russe avait provoqué une poussée de fièvre acheteuse en pleine moisson, la situation de sècheresse était déjà largement anticipée en 2011. Des prix historiquement hauts étaient accessibles en mai avec plus de 200 €/t en blé, plus de 450 €/t en colza. Les premières récoltes au niveau national se révèlent moins mauvaises que les anticipations et conduisent à un recul modéré des prix au cours de l'été. La persistance de ces prix offre donc une possibilité de compenser au moins partiellement des rendements inférieurs aux moyennes. La compensation est plus efficace lorsque le déficit de rendement n'est ni trop marqué ni associé à une dégradation qualitative comme dans le cas de l'orge. En conséquence, sous l'apparence de résultat économique moyen préservé voire amélioré par rapport à 2010, la disparité entre exploitations va demeurer large. Pour les éleveurs, la situation tendue au printemps s'apaise avec la production fourragère estivale et les rendements maïs, mais l'amélioration des prix, qui soutient les résultats, est surtout sensible en orientation lait.

La future campagne foisonne d'interrogations.

Alors que 2011 s'est caractérisé par la progression des charges d'intrants, il convient de rester vigilant pour 2012.
Ainsi la capacité à construire des itinéraires maîtrisés, à couvrir précocement une partie de sa récolte constituent une assurance performante car l'expérience encore récente (2009 !) démontre clairement que les prix agricoles « tendanciellement soutenus » n'excluent pas de mauvaise surprises.

Contact : Patrick BODIE,
Responsable Secteur Nord Ouest & Conseiller CapMarchés

 
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