Recensement agricole : le nouveau visage des exploitations

Le recensement agricole réalisé en 2010 commence à nous livrer des premières tendances sur l'évolution de l'agriculture auboise en 10 ans : disparition d'une exploitation sur dix, plus de salariés, moins de participation familiale, des exploitants de mieux en mieux formés, essor des exploitations sociétaires qui se confirme...

Disparition d'une exploitation sur 10

En 2010, l'Aube compte désormais 5200 exploitations agricoles contre 5800 en 2000. Cette évolution est comparable à celle de la région mais dépend de l'orientation technico-économique : le nombre d'exploitations de grandes cultures et d'élevage diminue (-22 %), le nombre d'exploitations viticoles augmente de 14 %. Par conséquent, la taille des exploitations augmente et ce sont les petites exploitations qui disparaissent en majorité (un tiers entre 2000 et 2010). L'Aube est le seul département de Champagne-Ardenne qui connaît une hausse des grandes exploitations.

Schéma

 

Plus de salariés, moins de participation familiale

L'agrandissement des exploitations implique une utilisation plus importante de l'emploi salarié dont les permanents assurent 23 % du temps de travail en viticulture et 15 % en agriculture. Cette tendance à l'emploi salarié est une particularité auboise car elle est beaucoup plus marquée que dans le reste de la région (+26 % dans l'Aube contre +8 % au niveau régional).
Les exploitants agricoles font également d'avantage appel aux prestataires de services et ETA dont l'activité a doublé en 10 ans. Les exploitants et coexploitants réalisent toujours la plus grande part du temps de travail (52 %) mais cette contribution est moins importante en viticulture (38 %).
Le recensement montre également un changement social majeur dans les exploitations avec une diminution marquée de la participation des conjoints et autres membres de la famille aux travaux agricoles.

Des exploitants de mieux en mieux formés

Désormais, près de deux exploitants sur trois ont une formation agricole. Les formations courtes sont privilégiées : près de la moitié ont suivi un cycle de type CAP ou BEP. Les filières supérieures courtes type BTS ne concernent que 14 % des formés et les filières supérieures longues sont peu représentées.
En viticulture, un exploitant sur deux possède une formation initiale agricole qualifiante.

L'essor des exploitations sociétaires se confirme

Depuis 2000, l'adhésion au statut d'exploitation individuelle s'est particulièrement réduit : elles ne représentent plus que 52 % des exploitations contre 63 % en 2000. Plus les exploitations sont grandes et plus elles sont gérées avec un statut sociétaire. Les exploitations à responsabilité limitée représentent désormais 30 % de l'ensemble des unités agricoles auboises.

Enfin, les exploitants aubois se distinguent de leurs voisins champardennais grâce à un nombre plus élevé d'agriculteurs de moins de 40 ans, notamment dans le vignoble du Barrois. On note également une augmentation de la part des femmes qui représentent désormais près d'un tiers des exploitants.

Contact : Charlotte GRASSET, Chargée de mission Programmes et Projets

 
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