Champagne et économies d'énergie : des moyens d'action existent !

A l'échelle de votre exploitation viticole, des moyens existent pour maîtriser la consommation d'énergie fossile et les émissions de gaz à effet de serre.

Connaître les émissions de GES et la consommation d'énergie de son exploitation

Des outils de diagnostics permettent de faire l'état des lieux et de vous apporter des solutions hiérarchisées.
Vous pouvez notamment calculer votre empreinte carbone, en ligne sur le site du CIVC.
Un diagnostic énergétique, proposé par la Chambre d'agriculture, tout en mesurant les émissions de GES, permet d'approfondir la question des consommations d'énergie en donnant le détail des postes responsables. Ainsi, la Chambre d'agriculture a établi que sur une exploitation viticole de type récoltant-manipulant (cf. graphique) le premier poste concerne la construction du matériel : environ 43 % pour les enjambeurs, cuveries, bouteilles... sur lequel il est difficile d'agir. Il est plus aisé de limiter l'électricité et le gaz pour la régulation des températures, qui représente près de la moitié de l'énergie utilisée, ainsi que le fioul consommé par les enjambeurs (7 %).

entree Aicooling Envisager d'abord les économies d'énergie possibles

L'équipement et la conception des bâtiments viticoles constituent le principal moyen de maîtrise des consommations d'énergie sur la partie oenologie et stockage. Si les charges liées aux bâtiments ne représentent que de 7 % à 12 % des charges d'une exploitation viticole, c'est à ce niveau que les économies d'énergie sont les plus importantes.
L'isolation et l'éco-construction des caves et cuveries sont des éléments importants à considérer lors de la construction ou de la rénovation. Ainsi, des caves en partie ou entièrement enterrées et les toitures végétalisées assurent un fonctionnement économe du bâtiment.

Champagne Jean-Pierre BAUDOUIN, dans l'Aube
Limiter le recours au chauffage et à la climatisation

L'EARL BAUDOUIN à Engente (10) a investi dans des bâtiments viticoles économes. Une isolation intérieure intégrale a été réalisée dans la cuverie et les parties aériennes des caves semi-enterrées sont isolées par l'extérieur.
Un système de free-cooling permet de s'affranchir d'une climatisation.
Ajoutés à un tirage tardif ne nécessitant pas de chauffage, ces éléments expliquent une consommation d'électricité et de gaz faible : 2 500 kWh par hectare, soit environ moitié moins que les autres exploitations enquêtées.

La sobriété des bâtiments peut aussi être atteinte par la gestion de la thermorégulation des cuves et de l'ambiance des caves. Ainsi, la ventilation par free-cooling ou le puits canadien permettent d'utiliser au maximum les calories et frigories de l'extérieur (air ou sol) pour limiter le recours à la climatisation réversible. En free-cooling, le renouvellement d'air neuf est contrôlé par la température extérieure et assure une économie d'énergie jusqu'à 30 %.
Enfin, l'optimisation du fonctionnement des équipements peut générer de fortes économies : pompes, moteurs, groupes frigorifiques et sondes... Des systèmes sont à l'étude pour remplacer la régulation de type « tout ou rien » par un fonctionnement proportionnel des appareils (pompes avec variateur de vitesse, groupes froid munis de compresseurs à vis...), via des automates.
Des moyens d'action concernent aussi les pratiques viticoles, avec notamment l'optimisation des consommations de carburant par le machinisme viticole.
Des études du CIVC montrent que l'éco-conduite (conduite à faible régime moteur) permet une consommation optimisée des enjambeurs, tout en fournissant le travail voulu.

broyeur a sarments Alléger sa facture énergétique et lutter contre le réchauffement climatique

Les sources d'énergies renouvelables peuvent également constituer des solutions intéressantes. Ainsi, les chaudières à biomasse permettent par exemple de chauffer les locaux de réception du public, les bâtiments viticoles et d'assurer la thermorégulation des cuves.

Les pompes à chaleurs peuvent constituer un appoint pour la thermorégulation des cuves ou l'ambiance d'un bâtiment de stockage en complément d'une climatisation réversible.

Le solaire thermique peut assurer la production d'eau chaude pour la thermorégulation des cuves et/ou d'eau froide pour climatiser.

Champagne BARBICHON, dans l'Aube
Chauffer les bâtiments vinicoles et réguler les cuves au bois énergie

Thomas et Maxime Barbichon, viticulteurs à Gyé-sur-Seine (10), ont choisi le bois-énergie pour chauffer leur 1350 m2 d'entrepôts et réguler la température de leurs cuves. U ne étude réalisée par la mission Bioénergies de la Chambre d'agriculture a conclu à la rentabilité de l'installation sur 5 ans pour un investissement total de 40 000 € (15 000€ de subventions ont été obtenus).

Pour plus d'informations :
Le service Energies de la Chambre d'agriculture vous aide à déterminer la faisabilité de vos projets et à solliciter d'éventuelles aides publiques.

Cerise CONTOU, chargée de mission énergie,
Audry CROENNE, chargé de mission bioénergies,

 

 
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